LENOIR ET MERNIER - LCAB

Lettre au MEDEF

2 Février 2008, 08:58am

 
 
Monsieur CHOQUET Claude                                      
Comité d’entreprise Lenoir et Mernier
B.P. 19
08120 Bogny sur Meuse
Bogny sur Meuse le 2 février 2008 


Madame Laurence PARISOT
MEDEF
55 Avenue Bosquet
75330 PARIS Cedex 07
Réf. : CC/LM/0208
 
  
Madame,
  
J’ai suivi avec intérêt le débat organisé par le MEDEF sur l’entreprise Thomé-Génot à Nouzonville dans les Ardennes, et l’excellent film « Silence dans la vallée ».
 
Je me permets d’attirer votre attention sur un autre drame social qui se joue actuellement à 5 Km de Nouzonville dans une ville de 6000 habitants à Bogny sur Meuse.
Ce drame touche l’entreprise Lenoir et Mernier ainsi que ses filiales LCAB et Séroma soit un total de 159 emplois menacés d’être jetés a la rue.
 
Vous n’êtes pas sans connaître la situation catastrophique qui touche notre département en matière d’emplois industriels. La mondialisation, les délocalisations, la concurrence toujours plus dure des pays émergeants sont des causes du déclin de nos industries.
 
Mais plus grave, quand le motif d’une mise en liquidation est le fait de patron « voyous » qui pille les entreprises dans un but d’enrichissement personnelle, cela touche à l’honneur et a la profession de nombreux industriels qui gèrent leurs entreprises d’une façon honnête en respectant les salariés.
 
L’exemple de thomé-Génot pillé par des Américains sans aucun scrupule a donné lieu à de nombreuse indignation, y compris de la part du MEDEF.
Mais ce qui est grave, c’est qu'un an plus tard un autre patron « voyou » vient de sévir dans notre entreprise. Banqueroute, malversation, détournement de fonds publics, enrichissement personnel, vente à perte volontairement, faux bilan, dissimulation de matière première. Voilà quelques exemples des plaintes qui ont ou vont être déposée a l’encontre du PDG et dont le SRPJ enquête déjà.
 
Mais les victimes restent les salariés qui vont perdre leur emploi et se retrouver à la rue avec pour la plupart, plus de 20 ans d’ancienneté, une moyenne d’âge de 45 ans et peu de qualifications.
Ceci dans une entreprise qu’un audit vient de déclarer viable commercialement et industriellement.
 
Un repreneur s'est fait connaître, mais le spectre de Thomé-Génot et le prêt de 300 000 euros non remboursé par le PDG ont incité le conseil général à refuser d’aider ce repreneur.
 
Je sais que votre responsabilité n’est pas en cause, mais par cette lettre nous espérons simplement attirer votre attention, afin que vous preniez position contre ce genre de patron qui salit votre profession.
 
Veuillez agréer, Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
 
 
 
 
Claude CHOQUET
Comité d’entreprise Lenoir et Mernier/LCAB
Syndicat CFDT Lenoir et Mernier/LCAB
 

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pilardeau 06/02/2008 06:44

Bonjour,
Etre lucide,cohérent, juste...Ne pas se tromper d'adversaire! Les patrons voyous existent: on les a ici rencontré!La situation actuelle leur incombe entièrement. Concernant "la rancune" des pouvoirs publics - je parle en mon nom personnel - elle n'existe pas. Simplement le plan de continuation présenté n'est pas, et je pèse mes mots, "un bon plan! Les cabinets comptables ont noté son insuffisance...A 200% j'aurais soutenu une solution de continuité pérenne et valable! mais soyons franc et réaliste: le panier était troué et de plus sans anse! Quinze jours ont été perdus! La priorité est maintenant de déterminer et soutenir les reprises les plus pertinentes (industriellement, au niveau des emplois...etc...) qui vont être proposées. Ne pas "se faire avoir" une nouvelle fois par des prédateurs!

choquet claude 03/02/2008 08:00

Merci Jean-Charles, voici le courier que j'ai envoyé a la chambre du commerce :
Bonjour,
Je suis le secrétaire du comité d'entreprise Lenoir et Mernier. J'attire votre attention sur la situation dramatique des salariés de cette société, dont la liquidation sera selon toute vraisemblance prononcée le 7 février.
Un audit (cohesium) a déclaré l'entreprise viable commercialement et industriellement et admis que le plan de reprise par M. MASSENA était une solution possible de redressement.
Hors nous aurions besoin d'aide à la recapitalisation.
Les pouvoirs publics refusent d'aider car un prêt accordé à une de nos filiales n'a jamais été remboursé.
Lenoir et Mernier va mourir a cause d’un patron voyou et de la rancune des pouvoirs publics.
Ce message a pour unique but d’attirer votre attention sur le fait que dans ce drame, ce sont encore les salariés qui en resteront victimes.

VAN BERVESSELES jean-charles 02/02/2008 22:00

Je pense que le Medef peut largement aider à une recapitalisation de votre entreprise,en s'appuyant sur la chambre de commerce eet d'industrie des ardennes....dont c'est la fonction (cf.son site internet);si ils ne le font pas dans les jours qui viennent ,c'est par choix idéologique! je pense que vous auriez tout interet à écrire à mr SPire ,président de la CCi,pour lui demander d'agir. cordialement . jcvb