LENOIR ET MERNIER - LCAB

Ils ont des bonnets rouges, vive la Bretagne...

15 Novembre 2013, 14:20pm

Publié par LENOIR ET MERNIER - LCAB

Ils ont des bonnets rouges, vive les Bretons... Oui mais qui y'a t-il sous les bonnets ?

Au démarrage, ce sont les patrons agroalimentaires, les patrons des compagnies de transport et la FDSEA qui refusent l'écotaxe mise en place par la droite et confirmée par la gauche.    

Pour ou contre l'écotaxe, chacun son opinion... Peut-être est-ce une bonne intention, mais dont les modalités de mise en place ne sont pas très justes pour les agriculteurs ?     

Ensuite plusieurs mouvements se sont greffés et les revendications se sont élargies : Maintiens de l'emploi, identité régionale, action anti-gouvernementale...  

Jean-Marie le Pen a été un des premiers à coiffer le bonnet rouge, mais également des militants du NPA, des syndicalistes et politiques de tous bords.  

Exemple le 11 novembre, ce sont le FN et les anti mariage pour tous qui sous couvert du bonnet rouge, ont perturbé l'hommage à la mémoire des combattants de la grande guerre.  

Si la colère est légitime et doit être mobilisée pour mettre en œuvre de vraies solutions permettant de construire la France de demain, certains réseaux identitaires bretons, français et européens ne résistent pas à la tentation d’instrumentaliser la rage populaire pour servir leurs propres desseins.  

C'est pourquoi il est difficile d'approuver ou de combattre ce mouvement, tant les revendications sont différentes et défendues par des personnes aux objectifs souvent opposés.  

Donc rien a voir avec Mai 68, car il suffira que le gouvernement cède encore quelques millions d'euros aux gros industriels, sous forme de suppression de l'écotaxe ou d'exonérations diverses, pour que le mouvement s'arrête.  

Et les milliers de licenciés Bretons et autres, seront les oubliés de cette petite "révolution". 

Bonnets-rouges Armor-Lux Frizou
7500 bonnets vendus aux manifestants importés d'Écosse et fabriqués on ne sait où, alors qu'il existe une entreprise de fabrication en Bretagne. Bel exemple de patriotisme régional !

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Claude 25/11/2013 10:04


Merci Michelle, car il n'était pas évident de rester objectif face à un mouvement dont beaucoup se sentent solidaires sans en connaître réellement les fondements.

Michèle Leflon 24/11/2013 12:49


J'ai mis un lien vers cet article sur le dernier article de mon blog : il exprime très bien les choses et les bonnets blancs ou rouges tentent actuellement certains dans les Ardennes !

Yves Marie Le Lay 15/11/2013 20:05


Je suis breton et fier de l’être. Samedi, j’étais à Carhaix, pas à Quimper. Pourtant, parait-il, l’avenir de la Bretagne, se jouait dans la
capitale de la Cornouaille. Ce grand bal pour l’emploi était organisé par les pollueurs de nos rivières et de notre littoral, et par les exploiteurs de la force de travail bretonne. Avec un tel
passif, qu’est-ce qui les autorisait à défendre notre région qu’ils ont tant abîmée ? On pouvait encore penser hier que c’était le prix à payer pour une économie florissante. Forts alors de ce
seul actif, ces acteurs de premier plan donnaient l’illusion d’une certaine compétence, les autorisant à un grand rassemblement pour l’emploi. Mais devant l’effondrement de l’économie bretonne
dont ils sont les seuls responsables, quelle légitimité ont-ils encore à parler d’économie et d’emplois ?
Il leur aura suffi de casser quelques portiques d’éco-taxe pour redorer leur blason et trouver le coupable idéal. Comme les garnements dans la cour de récréation, pris la main dans le sac,
ils disent alors : c’est pas nous, c’est les autres. Et les autres, ce sont toujours ceux qui sont loin : Paris, la République, l’Europe, la mondialisation, tout ce qui mettrait des freins à
l’économie. Se dessine alors le cadre idéal : les autres sont les méchants responsables de tous nos malheurs. Faisons bloc entre nous Bretons contre eux. Et il faudrait croire à cette fable
battue et rebattue qui a conduit à tant de tragédies ?
Je suis breton et fier de l’être, et me voilà invité par ceux qui ont apporté à la Bretagne la pollution de l’eau, les troubles musculo-squelettiques et maintenant la fermeture d’usines
agroalimentaires, malgré des aides publiques massives. Me voilà invité à Quimper par tous ceux qui ont perdu la Bretagne depuis 40 ans et qui n’ont comme avenir à lui proposer que de continuer à
la gérer comme avant pour la perdre demain encore et toujours ! Me voilà invité à Quimper par des décideurs publics et privés incompétents et cyniques qui cachent mal sous leur bonnet rouge les
oreilles de leur bonnet d’âne !
Quant aux salariés de l’agroalimentaire, on est triste pour eux, tant leur désarroi les égare. Les voilà mariés, bras dessous bras dessous, avec ceux qui ont cassé leur corps pour trois
francs six sous et qui leur promettent pour avenir de continuer à le faire pour encore moins cher ! Inutile de se voiler la face. Samedi à Quimper, ce n’était pas un bal de mariage, seulement et
tristement le bal des cocus...

C’est parce que je suis breton et fier de l’être que je n’en peux plus de cette Bretagne qui souffre et surtout de tous ceux qui la font souffrir ! Je n’en plus de tous ces bateleurs d’une
bretonitude rabâchée et racoleuse qui s’en servent pour mieux asservir les corps et les esprits ! Etre breton, c’est autre chose que d’être supporter d’un club de foot et d’applaudir les vedettes
payées à prix d’or ! Etre breton, c’est respecter la dignité des femmes et des hommes. Etre breton, c’est respecter l’environnement dans lequel ils vivent et qui les fait vivre ! Etre Breton,
c’est avoir l’humanité comme maison, et la Bretagne comme berceau.
C’est parce que je suis breton et fier de l’être que je veux que tous les enfants de cette terre aient un avenir différent de celui qu’ont connu beaucoup de leur parent. Et pour cela, qu’on
ne me demande pas de faire confiance à ceux qui portent depuis 40 ans ce modèle économique et humain qui a tant failli en Bretagne. Il faut en changer et ce changement se fera sans eux.
C’est pour cela que j’étais à Carhaix. Samedi, c’est là que je me suis senti breton, avec toutes les organisations syndicales et politiques qui pensent un autre avenir pour notre
région.
Dans la capitale du Poher, loin de tous les démagogues nationalistes qui agitent le gwen a du et le bonnet rouge pour mieux masquer qu’ils sont les auteurs de la crise sociale,
environnementale, économique et politique, loin des fossoyeurs de la Bretagne, il faisait bon être breton.
Yves-Marie Le Lay Locquirec le 03 novembre 2013